samedi 21 janvier 2017

Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson


Jusqu'à présent, je l'avoue, je n'ai pas été un grand fan de Philippe Besson. Hormis quelques premiers romans qui possédaient un regard doux mais franc sur les sentiments humains, le reste de sa production, agréable à lire mais aux reliefs un peu arasés par une écriture tendre et un peu éthérée, donnait la sensation d'ouvrages un peu consensuels. Mais, cette année, grosse claque, le Besson 2017 est absolument formidable !
L'auteur a suivi l'injonction entendue durant toute son enfance d'arrêter de raconter des histoires et il a bien fait ! Pour la première fois, il parle de lui et de son premier grand amour lors de son adolescence à Barbezieux. Sans se départir de sa sensibilité habituelle, en évoquant avec une multitude de détails le début des années quatre-vingts qui revivent ici avec une netteté absolue, sans jamais jouer avec une nostalgie pourtant bien à la mode, Philippe Besson nous raconte son histoire avec Thomas, lycéen taciturne et secret. Avec une franchise absolue mais sans impudeur, revit sous nos yeux cette relation dont le qualificatif d'amoureuse n'est jamais écrit mais qui suinte de tous les mots, de tous ces instants qu'ils volaient en secret à une vie de provinciale étriquée. Et c'est dans cette réalité, que l'écriture de Besson fait merveille. Elle noue, drape, caresse, cette histoire avec un tendresse évidente mais avec aussi un recul des plus émouvants. La sortie du livre est accompagnée de l'expression "mise à nu de l'écrivain". Pour une fois, j'ai eu l'impression que ce n'est pas un terme marketing mais une réalité. En racontant cet épisode de sa vie, il nous émeut comme jamais et livre en plus ses secrets d'écrivain, cet amour adolescent se révélant être l'élément fondateur de son oeuvre dont on retrouve un peu partout dans ses romans précédents des éléments, éparpillés comme un puzzle qui, après plus de 20 ans de publications, viennent soudain former un ensemble cohérent et passionnant.
Autobiographique certes, mais absolument romanesque du début à la fin, cette évocation court par la grâce du réel, sur plus de trente années. Le dernier tiers du livre est absolument bouleversant tant l'émotion monte au fil des pages par la magie de cette écriture qui ici prend toute son ampleur et son évidence. Sans jamais en faire trop, ni chercher l'émotion facile, Philippe Besson, avec humilité et délicatesse, touche comme jamais son lecteur. C'est en larmes que l'on referme le livre, bouleversé par la triste beauté de cette histoire mais aussi par cette douce franchise d'un écrivain qui, en arrêtant les mensonges du romancier, parvient à nous offrir ce que l'on appelle un grand livre ! 

mardi 17 janvier 2017

Le loup en slip de Wilfrid Lupano, Mayana Itoïzet Paul Cauuet



Sous ce titre rigolard se cache un album hybride, mi BD, mi album jeunesse qui explique avec subtilité le monde d'aujourd'hui aux enfants ...à partir de 5 ans.
Au premier degré, c'est une banale histoire d'animaux dont toutes les peurs sont concentrées sur un loup qui habite un piton rocheux surplombant une riante forêt. Des lapins journalistes titrant sans cesse sur ses méfaits, à l'ours qui organise des cours de défense aux blaireaux qui ont monté une brigade anti-loups, tout le monde vit finalement de cette peur et l'entretient de façon commerciale jusqu'au moment où le loup passe leur rendre une petite visite. Et surprise, il apparaît un peu ridicule car vêtu d'un slip à rayures offert gentiment par la chouette qui, malgré sa vue basse, n'a aucun à priori, surtout envers une personne qui se glaçait les fesses sur son rocher à observer les va et vient dans la nature. A discuter, le loup se révèle même plutôt sympathique et même totalement fréquentable...
Wilfrid Lupano, a encore une fois frappé ! Scénariste devenu incontournable en quelques albums ( les inénarrables " vieux fourneaux", c'est lui !), sa virtuosité, appliquée pour un jeune lectorat, fait mouche. Humour et réflexion sont au rendez-vous dans un album caustique et hilarant dont vos enfants raffoleront sans nul doute. Et sans dévoiler la chute, "Le loup en slip" sera le parfait partenaire pour introduire une belle discussion sur la différence et la peur de l'étranger que l'on pressent toujours méchant. Accessoirement, pour les lecteurs plus attentifs, on pourra aborder aussi le thème du commerce libéral qui sait s'adapter à toutes les situations et qui bien souvent cache le vrai loup pour l'homme.
Vous le sentez, sous des airs rigolos et en utilisant la figure si symbolique du loup, les auteurs de ce formidable album parlent  profondément de nos vies, à l'instar d'un Perrault dans  " Le petit chaperon rouge".
Aussi drôle que profond, "Le loup en slip" trouvera une place de choix dans la bibliothèque de vos enfants, celle des albums incontournables qui font réfléchir tout en distrayant !



lundi 16 janvier 2017

Une jeunesse perdue de Jean-Marie Rouart


Un vieux beau qui ne supporte pas que le regard de jeunes et jolies ne glisse plus sur lui (les vieilles de son âge et de 20 ou 30 ans de moins, beurk !) traîne son mal de vivre entre la rédaction en chef d'une revue d'art d'un certain renom et son splendide appartement parisien avec personnel de maison dévoué. Même les déjeuners chez Lipp, à la maison du caviar ou une boisson revigorante au café de Flore n'arrivent pas à chasser cette sacrée impression de ne plus être qu'une masse de chair molle et guère séduisante. Mais, le hasard mettra sur sa route une dénommée Valentina Orlov, russe incendiaire bien sûr jeune et sculpturale, qui l'aimera comme une femme tempête. Petite définition de la femme tempête pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas le jargon des alcôves bourgeoises : femme violente, bruyante, acharnée au plaisir ou si vous préférez, femme à l'humeur changeante et calculée totalement consciente de ses charmes.  On devine la suite. La chair qui s'avachit la met en transe, enfumant le cerveau du mâle bien crédule...
Jean-Marie Rouart,  plume encore alerte, cynique par moment, trousse un roman qui dégage des parfums incommodants, un peu comme ces vieux séducteurs inondés d'une eau de toilette entêtante. Le sujet vieux comme le monde, la faiblesse et la déchéance d'un homme qui croit possible l'amour d'une ( très jolie) jeunette pour lui, aurait pu donner lieu à quelque chose de mordant, de sexy, voire de drôle ou de tragique mais ici il est traité de façon assez convenue. Le lecteur ne gagne rien à batifoler avec lui, il voit les ficelles, soupire devant la candeur du personnage, s'énerve un peu devant cette suffisance de nantis même si parfois on sent un frémissement critique ( autocritique ?). On nage dans l'infatuation bourgeoise, dans une  misogynie certaine. Cela à fait naître dans ma tête de lecteur le cliché du vieil académicien libidineux qui rêve encore, de par sa position honorifique à trousser, sur une méridienne signée, quelque jeunesse délicieuse.
Et derrière cette histoire aux parfums surannés, se dégage une morale à géométrie variable. Si par hasard quelques jeunes lecteurs devaient se plonger dans cet ouvrage ( incertain, mais allez savoir...), ils apprendront, que pour peu qu'ils ne soient pas trop moches, il vaut mieux offrir ses fesses ( dans les bons endroits seulement) plutôt que de faire des études et de prouver sa valeur par sa culture et son travail. Avouez que pour un lecteur du Figaro ( qui, à part ce lectorat, lit du Rouart ?) cela peut défriser, passer pour iconoclaste et justifier des dithyrambes dans les colonnes de son journal favori ou dans ceux où les académiciens sont caressés dans le sens du poil ( par de jolies mains fraîches?). Mais rassurez-vous, pour les lecteurs des pages saumon, il y a un deuxième conseil bien plus pragmatique : vieux, vieilles, méfiez-vous des jeunesses ardentes et  tumultueuses, elles vont vous plumer ! Planquez tout ! Restez entre vous dans les salons dorés à jouer au bridge ! Et si la chair vous démange, si vous avez encore des appétits sexuels ( et pas d'héritiers), alors, libre à vous de vous enfoncez dans une dernière aventure et jouissez-en jusqu'au bout mais ne venez pas vous plaindre !

dimanche 15 janvier 2017

L'opium du ciel de Jean-Noël Orengo



Jusqu'à présent cantonné à la science-fiction, voici qu'en 2017, après avoir fait son entrée comme livreur chez un gros commerçant du web, il surgit en personnage principal d'un roman de littérature française. Après Emma Bovary, Swann, Zazie, voici Jérusalem, le drone ! Même si dans "L'opium du ciel", il sert surtout de prétexte pour faire réfléchir les lecteurs sur le fait religieux et ses tendances à occulter la moitié féminine de la planète, il n'en demeure pas moins qu'il s'impose tout de même comme une belle idée romanesque.
Jérusalem, objet volant et espionnant, au départ banal jouet acheté sans doute à la FNAC sera le propriétaire d'une jeune fille bien de chez nous qui l'emportera avec elle lorsqu'elle fera son djihad. Récupéré par un couple de doux intellos décalés, archéologues du religieux mais aussi fin bricoleurs, il sera réparé grâce à l'apport des pièces d'un autre drone, américain et militaire cette fois. Objet devenu hybride, une super intelligence lui sera en plus offerte, le rendant capable de réflexion voire de sentiments. Après avoir survolé de façon froide et glaciale la France et le Moyen-Orient, il continuera ses périples aux côtés d'un jeune couple, observant le monde avec une toute nouvelle acuité.
Ce personnage, qui nous sort des salons bourgeois dans lesquels se complaît le roman français, reste avant tout le prétexte à une fiction qui vire très vite à un quasi essai sociologico/politique, embarquant ainsi de grands thèmes actuels que sont, en vrac, les effets de la religion sur les masses ou la violence et la guerre qui en découlent, mais surtout, et cela court tout le long du livre, l'éradication du féminin dans les religions monothéistes, réduit le plus souvent à un rôle essentiellement maternel et interdit de divin. Le drone, doté d'une sensibilité indo-sémite, relira le monde au travers de ce concept, attelage original des deux plus vieilles religions du monde qui, pour l'un d'elle ( le judaïsme), n'avait pas, à l'origine, renié la femme. Mais le roman ne se contente pas d'être le vecteur d'une thèse assez ardue, il tacle pas mal sur nos petites manies actuelles et ne se gêne pas non plus pour y introduire des personnages réels, parfois pour s'en moquer ( Philippe Sollers).
Roman franchement ambitieux, "L'opium du ciel" s'est révélé, pour moi, à la lecture, plutôt chaotique. Si certains critiques ont trouvé le style de l'auteur " chatoyant et  protéiforme, où les phrases peuvent ressembler à de longues caresses ondoyantes, déclencheuses d'infinies jouissances" ( Damien Aubel dans le magazine Transfuges ),  personnellement, j'ai peiné pour les mêmes raisons. J'ai été assommé par ce torrent verbal, rythmé par de nombreuses énumérations, noyant un propos mordant, sexuel, au milieu de références ou de symboles. Une sensation de distance s'est irrémédiablement créée entre le thème et la folie de cette histoire, pourtant prompts à me captiver et cette écriture sans nul doute très travaillée, mais qui m'a paru cultiver un véritable entre soi. Et même si parfois j'ai été touché par un propos, titillé par une remarque, un court paragraphe, il ne me reste au final que l'impression pesante d'une proposition ardente mais trop alambiquée.
Si Jérusalem, le drone ( attention symbole !), surveille le monde, silencieux et léger, " L'opium du ciel", véritable démarcation du roman traditionnel, aurait gagné à être lesté  de quelques fulgurances stylistiques brumeuses. 

vendredi 13 janvier 2017

La terre qui les sépare de Hisham Matar


L'homme qui parle dans ce livre, Hisham Matar, n'a plus vu son père, farouche opposant au régime du colonel Khadafi, depuis 1990, année de son enlèvement au Caire, où toute la famille s'était exilée en 1979. Ils sauront assez vite qu'il a été emprisonné en Libye,  ils ne recevront aucune nouvelle, à part deux ou trois lettres passées clandestinement,  Au moment de la chute de Mouammar Khadafi, renaît le vague espoir qu'il fasse partie des nombreux prisonniers politiques libérés des geôles libyennes. Hélas, aucun miracle, le père est bel et bien porté disparu. Son fils qui remue ciel et terre depuis plus d'une décennie pour essayer de le libérer, décide de rentrer en Libye afin de savoir ce que fut sa vie en prison durant ces années, peut être le retrouver quelque part dans ce pays de cailloux et de sable rendu amnésique par des années de mauvais traitements ou tout simplement récupérer son corps pour lui offrir une dernière demeure décente. Ce récit nous embarque donc dans la quête de ce fils qui veut savoir coûte que coûte ce qui est arrivé à son père. Epaulé par son épouse Diana, photographe, ils sillonneront tous les endroits où se trouvent des personnes pouvant les éclairer, souvent d'anciens prisonniers. Se mêleront dans le récit un portrait plutôt hagiographique de ce père, une histoire de la Libye depuis la terrible et génocidaire occupation italienne jusqu'à nos jours mais aussi, en creux, le portrait d'un homme amputé trop tôt de cette figure paternelle dont il espère le retour.
Il faut que je l'avoue, j'ai dû faire une pause dans ma lecture pour recentrer mon attention. Sans doute bêtement, sur l'exil du narrateur et de sa famille est venu se superposer un autre exil plus actuel, celui du peuple syrien. Et la confrontation des deux m'a sérieusement déconcentré, puis prendre en grippe la fuite de cette famille, fort aisée, qui vit richement au Caire, envoie ses enfants étudier à Londres ou en Suisse, possède une demeure plus "campagne" à Nairobi. J'ai posé le livre quelques jours, histoire de respirer un peu et de pouvoir m'intéresser à ce sentiment tout à fait légitime et humain de la perte d'un père. Les riches ont aussi des souffrances. Bien m'en a pris, car la suite s'est finalement avérée, géopolitiquement surtout, franchement intéressante. La lecture est édifiante, terriblement précise mais aussi empreinte de toute cette poésie  moyen orientale ( qui peut parfois paraître un peu trop sucrée surtout dans la description des nombreux membres de cette famille tous plus généreux et bons les uns que les autres), parfaitement rendue, je pense, par la belle traduction d'Agnès Desarthe.
"La terre qui les sépare" ( quel beau titre !) reste un document riche et dense sur une famille meurtrie et endeuillée mais dont l'enracinement à la terre des origines se traduit aussi par une volonté féroce de la voir évoluer dans le bon sens. Une leçon de courage et de dignité. 

jeudi 12 janvier 2017

Voyage à Film City de Melvil Poupaud



Film City, se situe à Pékin et ressemble à un de ces studios de cinéma américains mais en version chinoise, c'est à dire aussi gigantesque que peut l'être son public présumé et à l'esprit plus autoritaire que libéral. Chance pour l'acteur Melvil Poupaud, son ami Charles de Meaux avec qui il avait déjà tourné, le veut à tout prix dans sa future œuvre, plus chinoise que française, que depuis des mois il s'acharne à produire  à Film City. Notre acteur français va se trouver plonger au cœur des aléas d'une production bancale, dans un pays où les traditions, autant cinématographiques qu'humaines, restent hors normes. Sentant que ce tournage sera une expérience assez unique, Melvil décide de consigner ses impressions dans une sorte de carnet de tournage, mélange de notations écrites et de photos. 
Quand on s'intéresse au cinéma, il est toujours agréable de se plonger dans un journal de tournage, une impression de soulever un pan du rideau de l'envers du décor doublé du sentiment d'approcher de plus près la vedette qui tient le stylo s'empare du lecteur. Sans jamais tomber dans un étalement vaniteux ni narcissique, Melvil Poupaud, nous plonge en plein cœur de ce projet aussi fragile que somptueux. Seul acteur français au milieu d'une pléiade d'acteurs chinois dont la star locale ( mais dont l'aura n'est pas encore parvenu jusqu'à nous) Fan Bingbing ( ça ne s'invente pas, ça fait onomatopée mais même traduit cela donne  malade/malade...ce qui n'est pas mieux ). Des difficultés de monter une production avec les chinois quand on est français, à l'absolue plasticité de l'acteur ayant appris ses répliques phonétiquement qu'il balance avec conviction face à des acteurs locaux dont il ne comprend un traître mot, le tournage s'avère aussi tourmenté que particulier. Même s'il ne consigne aucune impression vraiment personnelle et même si son journal n'est pas tenu de façon régulière, un certain charme opère. Les photos en noir et blanc contenues dans le livre éclairent le propos et véhiculent aussi bien que le texte, ce léger sentiment de solitude que peut éprouver l'acteur, isolé dans un pays à l'hospitalité distante. On pourra regretter cependant la brièveté de ce reportage ( plus qu'un vrai journal) que j'aurai souhaité plus fourmillant de détails. 
Reste que cette publication servira peut être à la sortie de "The lady in the portrait", titre du film, qui, jusqu'à présent n'a pas encore trouvé les chemins de nos écrans. 

mercredi 11 janvier 2017

Dalida de Lisa Azuelos


Le biopic au cinéma, c'est casse-gueule. Soit on résume toute une vie, en enfilant les moments importants comme des perles, dans une chronologie qui laisse rarement la place à une mise à distance ou à un regard particulier ( L'odyssée , il y a quelques mois ). Soit on prend juste une partie d'un parcours qui permet de dresser un portrait plus en profondeur ( Life d'Anton Corbijn sur James Dean). Dans les deux cas cités, seul le deuxième aboutit à un résultat intéressant. Mais, pour les deux films cités, la narration s'avère plus simple, les héros ne chantant pas, leurs réalisateurs n'eurent pas  l'obligation de transformer leur oeuvre en juke-box. Revient alors à l'esprit  un des exemples célèbres de biopic français à ritournelles, "La môme",  qui, lui,  avait choisi une narration totalement éclatée et accessoirement de plâtrer une comédienne pour la rendre crédible... 
Pour Lisa Azuelos, la réalisatrice, le challenge de retracer une vie, avec des tubes et un sosie de cette icône que fut Dalida  ressemble à un vrai challenge. Et, petit obstacle en plus, il lui fallut passer sous les fourches caudines du frère de la chanteuse, tout à la fois producteur associé et véritable gardien du temple de l'image de sa soeur. L'option choisie, pas des plus originales non plus mais qui donne un peu d'allure à la chose, fait démarrer le film sur un moment clé de la vie de la créatrice de Bambino ( ici sa tentative de suicide en 1967). Suivent, ses débuts et sa carrière, avant, après, et la mort qui n'arrête pas de roder  autour d'elle, le tout ponctué de quelques moments de l'enfance et par un tourbillon de refrains.
Que dire du film ? Malgré des tentatives touchantes de sortir d'une certaine linéarité biographique, , en plaquant  notamment certaines chansons pas à la bonne période mais en lien avec l'histoire, en cherchant à apitoyer le spectateur sur cette accumulations de suicides qui jalonnent sa vie,  j'ai toutefois eu l'impression d'avoir regardé un long clip à la gloire de la chanteuse. C'est beau, clinquant, Sveva Alviti resplendit à l'écran et apparaît convaincante en Dalida. Mais tout va trop vite. Le film, monté comme une succession rapide de pastilles illustratives, ne touche guère sauf durant quelques minutes peut être, quand il prend le temps de s'attarder sur l'exceptionnel talent d'interprète de la chanteuse. Cependant, ce sont plus les chansons qui émeuvent que le film par lui même, totalement absorbé à faire défiler le maximum de détails, sans jamais prendre le temps d'approfondir le personnage. 
Alors, on tape du pied, on dodeline de la tête suivant les tubes diffusés et le temps passe agréablement mais sans avoir la sensation de voir un grand film, juste un bel album d'images glamours, aussi clinquantes et pailletées qu'un show de la chanteuse au Palais des Sports. Si l'on est fan de Dalida, on peut y aller, les autres ....